Le MOTif (observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France) a réalisé une étude sur le piratage des livres numériques.
On parle souvent du piratage de musique ou de films, mais les livres ou les bandes dessinées font également de plus en plus l'objet de téléchargement illégal (entendez "pour lesquels les ayants-droits ne sont pas rémunérés").
Problème : alors qu'outre atlantique les éditeurs ont franchi le pas du livre numérique (un peu forcés par Amazon et son Kindle au début) avec une offre commerciale largement développée pour les livres en anglais, il n'en est rien en France et dans la plupart des autres pays d'Europe...
Mais cette étude du MOTif achèvera peut-être de convaincre ces maisons d'éditions trop frileuses de proposer leurs oeuvres dans un format numérique payant...avant qu'il ne soit trop tard... ?
En résumé :
[Suite:]
- L'âge moyen des pirates répondants est de 29 ans... Plus vraiment des adolescents contrairement à ce qui était imaginé.
- Les pirates de livres numériques sont aussi de gros consommateurs de livres papier (budget et de nombres de livres lus par an)...Quelle surprise, il me semble que le même constat avait été fait pour la musique à une certaine époque...
- Le nombres de livres téléchargés illégalement dépasse ce qui est véritablement lu. Donc les études qui tentent de chiffrer les pertes financières dûes au piratage peuvent aller se rhabiller...
- Numériser un livre n'est pas un processus aussi simple que peut l'être la musique ou la vidéo...mais du coup les moyens de piratage évolueront certainement quand les éditeurs francophones proposeront leur propre format numérique... (d'ailleurs je m'étonne que cette étude n'est pas cherché à analyser le piratage des livres en anglais depuis une source téléchargée sur des plateformes légales comme celle d'Amazon...
- La qualité des catalogues semble un élément déterminant pour contrer le piratage, sachant que les pirates se justifient notamment avant l’argument de la mauvaise qualité des livres numériques existants
- A l’exception de la BD, la demande de livres piratés restera sans doute limitée tant que l’usage des liseuses ne sera pas répandu...(Qui de l'oeuf ou de la poule est arrivé en premier ?)
- Le discours des pirates de tout contenu numérique ont le même discours : les plateformes doivent écouter les early adopters pour éviter l'erreur des DRM et les mauvais choix de tarification.
Mais le vrai frein au développement d'une offre légale de livres numérique en français ne serait-il pas surtout la peur des éditeurs de voir leurs marges se réduire...au profit d'un acteur majeur comme Amazon et.... des auteurs ?