On parle de plus en plus de livres électroniques et de nombreux acteurs se lancent sur ce marché comme on a pu le voir à l’occasion du CES de Las Vegas en ce mois de janvier 2010. Les fabricants de matériels y voient un bon moyen de nous vendre encore de nouveaux équipements et les grand libraires sur le web voient là un marché dans lequel la marge augmente et les coûts annexes (principalement les frais d’envoi des livres) baisses.
La dématérialisation c’est aussi le moyen pour les e-commerçants d’entrer de plein pied dans le web en temps réel… le visiteur choisi son livre, l’achète et le reçoit instantanément alors qu'avant il devait attendre après sa commande en comptant sur la disponibilité en stock et sur l’efficacité du transporteur…
Mais là ou l’idée de la location de vidéo en streaming a fait son chemin et où l’écoute de musique à la demande se développe, les cyber-libraires et les éditeurs ont encore du mal à imaginer un Business Model dans lequel on louerait un livre électronique plutôt que de l’acheter…
La faute à qui ?
Certainement aux profits plus importants que la simple vente peut rapporter comparativement à la location de livres électroniques… Il faut bien comprendre que c’est avant tout un business, un marché à développer avec d’énormes profits à la clé si tout est bien cadré… Il ne s’agit pas simplement d’une volonté de développer et de rendre plus facilement accessible la culture contrairement à ce que de nombreux fabriquants de liseuses électroniques veulent nous faire croire !
L’autre problématique est que les grands cyber-libraires comme Amazon ou Copia doivent satisfaire et rassurer les éditeurs de manière à généraliser le format du livre électroniques pour tous les livres et tous les pays… il ne peuvent donc pas (encore) répondre totalement aux attentes du public !
Pourtant, parmi les reproches fait pas les premiers utilisateurs du Kindle d’Amazon, on peut entendre parler du manque d’interactions sociales… typiquement, dans la vraie vie, vous allez parler du livre passionnant que vous êtes en train de lire à vos amis…et très certainement le prêter à une ou plusieurs personnes… mais appliqué au livre électronique, le prêt d’un livre risque de casser tout le marché de la vente…
De même, lorsque vous aurez terminé un livre, il est probable que vous le donniez en cadeau à un proche… cette fonction n’est bien sûr par prévue (pour le moment ?) dans le contexte des livres électroniques car cette fonction risquerait de casser ce marché naissant… Qui sait, peut-être qu’eBay se lancera dans la revente de livre électroniques comme on peut vendre et acheter de vrai livres en papier d’occasion ?
La vente est pourtant assez peu réaliste par rapport à l’usage quasi unique qu’on fait d’un livre…
Dans le cas d’un livre de recettes, ou d’un guide pratique, l’achat est plus compréhensible, mais pour un livre qu’on ne lira très probablement qu’une seule fois dans sa vie, pourquoi payer le prix fort ?
Alors est-ce qu’un business model basé sur la location ou la revente de livres électroniques pourrait être proposé ?
Une fois que le marché de la vente de livres électroniques sera suffisamment développé et mature, avec plusieurs acteurs importants se faisant concurrence, on verra très probablement apparaître de nouveaux business models de ce type arriver. Il faudra très probablement aussi que les utilisateurs fassent pression sur les fabricants de liseuses et les éditeurs pour rendre les matériels compatibles entre eux et imposer des formats de fichiers non propriétaires…
Il sera impossible d’empêcher le développement du prêt, de la revente ou de la location de livres électroniques, mais la question est plutôt de savoir pendant combien de temps les grands acteurs du marché vont freiner ces fonctionnalités sociales qui peuvent également devenir des business models à part entière !
D’ailleurs Google parle de la location de livre électronique depuis au moins 2005…
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