Les business models basés sur la gratuité d'un service ou d'un produit dont le coût est supporté par la publicité se développent de plus en plus.
La gratuité plébiscité par de nombreux internautes
Beaucoup de gens se plaignent que la publicité devient trop envahissante, et ils ont raison. Pourtant, les internautes sont de plus en plus nombreux à rechercher et à plébiscité la gratuité (oserais-je dire "à tout prix"...).
Internet a développé ce faux sentiment que tout peut être obtenu plus ou moins gratuitement (le téléchargement illégal de logiciels, de musiques, puis de films, mais également les freewares, la recherche d'information gratuite à portée de main, les services de messageries gratuits, les start-up offrant des services web gratuits en version beta ou en version basique, avec une offre premium payante...).
Quelles formes de financement ?
Pourtant le coût est réel, et qu'il soit clairement affiché ou astucieusement caché, le financement de la gratuité nécessite d'exploiter la valeur des consommateurs.
En effet, la vente de profils, de listes d'adresses email, ou simplement d'espaces publicitaires à destination d'un public bien ciblé a une valeur importante aux yeux des annonceurs, des publicitaires, des agences marketing...
De la même manière, les chaînes de télévision comme TF1 proposent aux annonceurs des plages de publicités adaptées et préparent les spectateurs à recevoir ces messages publicitaires. Patrick Le Lay, PDG de TF1 l'a clairement énoncé il y a quelques années: "Ce que nous vendons [...], c’est du temps de cerveau humain disponible".
Dans un business model de gratuité, il est donc bel et bien question de monnayer un service ou un produit contre la valeur du consommateur pour les annonceurs.
La gratuité reste souvent basique:
Sans vouloir rentrer dans un débat interminable, il faut avouer une chose: les services financés par la publicité donnent une fausse impression de gratuité et surtout dévalorisent peu à peu la qualité du service aux yeux des consommateurs.
Cependant, les services ou produits gratuits se limitent souvent à une offre basique, sans véritable choix d'options ou de services additionnels. La valeur ajoutée est donc assez limitée et laisse donc de nombreuses possibilités pour des services plus complets, mais payants (si le consommateur est sensibilité ou vraiment demandeur...).
De la même manière, une télévision entièrement financée par la publicité ne proposera pas un choix importants de programmes. A contrario, un bouquet de chaînes payantes proposera le choix entre des documentaires, des chaînes musicales, les derniers films ou les dernières séries à la mode...
Si l'on prend l'exemple de la société MesPhotosOffertes.com, l'utilisateur peut recevoir des tirages photos gratuits, mais n'a pas le choix du format ou de la qualité du papier photo.
Si le consommateur est vraiment demandeur de services additionnels ou réellement sensibilisé à la différence de qualité, la concurrence a la possibilité d'innover...
Mais dans le cas de services basiques comme les photocopies de TadaCopy, la gratuité peut faire disparaître la concurrence payante si le consommateur ne ressent pas le besoin d'innovation.
Un danger de surconsommation et d'impact sur l'environnement:
Un autre risque est le gaspillage et la surconsommation. La gratuité peut faire oublier que la consommation a un impact sur l'environnement.
L'exemple de TadaCopy, un service de photocopies gratuites, montre bien que la gratuité peut faire oublier que les photocopies utilisent beaucoup de papier, et peuvent avoir un impact sur la déforestation.
L'un des danger est également la boulimie de consommation, qui privilégie donc la quantité, et qui estompe peu à peu l'appréciation de la qualité et de la diversité et fait oublier l'importance d'une consommation réfléchie et respectueuse de son environnement, mais également de sa propre santé dans certains cas.
Ainsi, même sans gratuité, la recherche du plus bas coût entraine parfois un tel comportement de consommation boulimique. Les fast-foods proposent par exemple des portions géantes avec un rapport Quantité/Coût plus faible pour inciter à la consommation. Le résultat est une surconsommation de graisses et de sucres avec un impact très net sur la santé...
Conclusion:
Même si les services et les produits gratuits sont toujours plébiscité, je pense que nous sommes également de plus en plus sensibilisés aux questions de respect de l'environnement et de santé.
Ainsi, même si notre esprit de consommateur perd parfois le goût de la qualité et de la diversité au profit d'un faible coût ou de la gratuité, cette sensibilisation peut inciter au développement de nouveaux business models plus respectueux de l'environnement et de la santé.
Mais il est nécessaire de rester vigilants en tant que consommateurs.
En tant que créateur d'entreprise, le maître mot est l'innovation, y compris en matière d'environnement et de santé qui deviennent enfin des valeurs ajoutées aux yeux des consommateurs !
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